Intentions

Si l’on continue encore de monter Shakespeare aujourd’hui, c’est qu’il y a dans son œuvre quelque chose d’immortel, d’intemporel, d’infini mais aussi quelque chose qui demande toujours d’être réinterrogé,redécouvert, réinterprété.

 

L’ambition du spectacle tente de réunir ces deux pôles : embrasser la poésie géniale
de Shakespeare et sa plongée dans l’âme humaine tout en comprenant aujourd’hui la portée du discours de la pièce que ce soit d’un point de vue humain, politique mais aussi théâtral.

 

En effet, si Richard II est l’histoire d’un roi qui chute, c’est aussi celle d’un acteur qui laisse le premier rôle.Rarement ce geste, souvent assimilé à la quintessence même du tragique, est interprété comme une gloire, une réussite : comme s’il n’y avait pas plus royal que de laisser sa place...

 

Tant de contradictions et de questionnements sont soulevés quand vous êtes confrontés à l’œuvre du dramaturge anglais : si en cerner toutes les ambiguïtés est une priorité, savoir les éclairer pour les rendre lisibles et efficaces lors du passage à la scène est une nécessité.

 

C’est dans cette perspective d’efficacité et de lisibilité que la mise en scène propose une nouvelle traduction,ainsi qu’une adaptation de l’œuvre, un parcours étoffé pour sept acteurs et une dizaine de personnages, un théâtre mis en abyme et qui se construit à vue par les acteurs eux-mêmes, une direction d’acteur qui tente de se rapprocher aux émotions les plus intimes, un rapport concret avec les spectateurs et un lieu de représentation qui devient plus qu’une simple salle de spectacle : mais l’Angleterre entière du roi Richard

 

Shakespeare l'avait compris : que le théâtre a bien les épaules pour rêver de grande Histoire.